Succession de gré à gré: ça chauffe entre Franck Biya, Ngoh Ngoh, Motaze et Mebe Ngo


L’unanimité de la classe politique camerounaise, des opinions nationale et internationale sur le vide politique régnant au sommet du Cameroun est désormais chose faite.

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Et ce, malgré toutes les manœuvres désespérées des derniers serviteurs du régime moribond et des agents doubles de certains clans du régime placés en embuscade dans la diaspora et sur les réseaux sociaux. Les élites du parti au pouvoir au Cameroun, le RDPC, viennent de rejoindre la plus légitime personnalité politique du Cameroun actuel, le Président élu Maurice Kamto, dans le constat de la vacance de la Présidence de la République du Cameroun. Un cadre de ce parti, élu municipal de son état, Saint Eloi Bidoung, a ouvertement affiché dans les médias, sa conviction que le président Biya n’assure plus la continuité de la direction du pays depuis plusieurs mois.

Pour cause ? L’absence et le silence manifestes de Biya en matière d’actes de souveraineté. Absence et silence que l’élu RDPC assimilent aux conséquences d’un état de mort du président disparu. Pour rappel, Le 1er mai 2020, l’AFP, importante agence internationale de presse basée à Paris, avait ouvertement affirmé, après le grand journal parisien Le Monde, que le Président Camerounais avait disparu de tous les radars depuis le début de la pandémie du Covid 19. Avec près de 100 000 pétitionnaires citoyens, le professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun, votre serviteur, avait dès le 18 avril 2020, lancé une mobilisation populaire pour la dénonciation du rôle intrusif et frauduleux de l’ambassadeur de France à Yaoundé, Christophe Guilhou, qui avait tenté de briser la dynamique de constat de la vacance du pouvoir déclenchée par le courrier historique du Président Elu Maurice Kamto au Président de l’Assemblée Nationale du Cameroun, en mars 2020. La pétition historique anti-Guilhou, devenue entre temps un foyer de moblisation contre les arnaques de la Françafrique, a désormais fait son entrée dans les arcanes de l’Union Européenne et des Nations Unies, où s’exprimera bientôt le porte-parole des pétitionnaires, votre serviteur.

Réuni depuis le 12 juin 2020 en Session Extraordinaire, le Congrès des députés et sénateurs camerounais tourne depuis lors autour du pot aux roses dévoilé par le constat de la vacance du pouvoir présidentiel par le Président élu Maurice Kamto. Qui est assez fou au Cameroun pour mettre le feu aux poudres ? La population connaît par cœur les députés et sénateurs qui veulent participer à la forfaiture. La résistance les a individuellement prévenus des conséquences de leurs actes envisagés. Par son allocution du 1er juin 2020, le chef de la Résistance Camerounaise contre la dictature du régime Biya a posé un ultimatum direct contre les manœuvres de succession de gré à gré entamées depuis la disparition de Paul Biya par la puissance tutélaire et les clans du régime à l’agonie. Le régime Biya a bel et bien sous le coude, un projet de révision de la constitution portant création de deux postes de vice-présidents de la République, nommés par le Président de la République, et supposés assurer par ordre de préséance l’intérim en cas de vacance du pouvoir du Président de la République. Le régime Biya a besoin d’entretenir artificiellement l’idée d’une activité continue de Paul Biya à la tête du pays, afin d’opérer, suite à la révision programmée de la constitution, des nominations illico presto de vice-présidents. Ensuite, on annoncera la démission pour cause d’empêchement et de grave maladie du Président Biya, son remplacement par le 1er vice-président, et l’assomption par ce dernier des 5 années de mandat présidentiel restant du disparu de Mvomeka’a.

Ce projet de capture continuelle de la souveraineté populaire du Cameroun par l’élite néocoloniale franco-camerounaise, se heurte cependant à de très graves conséquences inconnues en ampleur interne et externe. Au plan interne, il n’y a toujours pas d’accord entre les 2 ou 3 principaux clans du régime Biya : le clan bulu de Mvomeka’a (Franck Biya), le clan de Nanga Eboko (Ngoh Ngoh), et le clan bulu des argentiers-armuriers (Motaze, Mebe Ngoh, Abah Abah, etc), sans oublier les Clans oligarchiques nordiste et anglophone qui sont en embuscade. Les trois principaux clans détiennent des positions et des unités combattantes au sein de l’armée. Les trois factions internes du régime Biya sont en fait sur le point de s’affronter pour la capture des institutions de l’Etat et le braquage concomitant du Peuple Camerounais, qu’elles voudraient chacune intimider par un usage spectaculaire de la force. Une guerre civile sanglante entre héritiers de Biya se prépare à faire rage au Cameroun. Nul ne peut prédire actuellement lequel des clans l’emportera. Au plan externe du régime Biya, l’appel à la mobilisation du Peuple Camerounais par le Président élu Maurice Kamto, est venu changer la donne interne et les projets de l’élite corrompue de la Françafrique.

En effet, le Peuple Camerounais, convenablement mobilisé par millions, balayerait les trois clans en compétition interne dans le régime Biya, sans exception. Et la chute du régime par la mobilisation populaire serait d’autant plus efficace que le régime est divisé et que la coordination de ses moyens de résistance contre l’assaut populaire s’avère très faible. Alors, que faire ? La puissance française maintient actuellement la pression pour obtenir un consensus des trois clans du régime. Elle s’est montrée très agressivement remontée, avec la récente parade du proconsul français Guilhou à la tête de l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé, comme pour rappeler au peuple camerounais la guerre sanglante qu’elle lui a livré de 1955 à 1971, pour lui imposer cette pseudo-indépendance sous haute surveillance. Entre 500 000 et un million de camerounais furent massacrés dans cette guerre de la France contre le Peuple souverain du Cameroun. Les présidents Um Nyobe, Félix Moumié, Ernest Ouandié, furent ouvertement assassinés dans la même période 1958-1971, pour avoir conduit l’insubordination camerounaise à l’ordre colonial français, assorti par les accords de défense, de coopération économique et culturelle imposés depuis lors à l’élite collaborationniste du pays.

Mais, il y avait 3 millions d’habitants au Cameroun en 1960. En 2020, il y en a plus de 25 millions. Les près de 25000 hommes de troupes en aptitude de combat pourront-ils cette fois-ci, empêcher 25 millions de citoyens mobilisés de récupérer leur droit de choisir les futurs dirigeants du Cameroun ? Telle est la question historique de l’heure. En prenant, à la moindre annonce de projet de de modification de la constitution, les lieux de pouvoir au Cameroun, le Peuple Camerounais mobilisé prendrait de court la France néocoloniale et les clans corrompus et criminels du régime Biya : l’invasion populaire énorme des commissariats, postes et camps de gendarmerie et camps militaires, centres-villes, grandes voies de circulation, ports et aéroports, sous-préfectures, sièges des radiotélévisions, préfectures, gouvernorats, ministères, parlement et palais et résidence présidentiels, est la hantise qui noue de peur, toutes les entrailles de la Françafrique au Cameroun.

Le conflit en cours de déclenchement décisif bénéficierait en outre du soutien du soulèvement au Cameroun anglophone, où le mot d’ordre de mobilisation totale contre le régime arrivera Biya nécessairement dans une opinion largement consentante. Enfin, l’alignement des USA, de l’UE, de la Fédération de Russie, derrière les conditions préalables posées par le Président élu Maurice Kamto a achevé de doucher les espoirs de l’élite françafricaine. Ces trois puissances, isolant davantage la France macronienne, exigent désormais : la libération de tous les prisonniers politiques ; l’ouverture d’un véritable dialogue national sur la forme de l’Etat du Cameroun ; la réforme de la loi et de la commission électorales ; la fondation d’un Etat de droit et d’une démocratie véritables.

Mieux encore, en lançant le mot d’ordre de mobilisation et non de villes-mortes, le leader Maurice Kamto a su contourner un piège à rats qui était tendu à la résistance camerounaise : l’enfermer dans une grève de la faim qui affaiblirait de facto les capacités de résistance populaire, abandonnerait les lieux de pouvoir aux clans du régime, et favoriserait en réalité l’accès au pouvoir du clan qui gagnerait la guerre civile de succession entre héritiers de Biya. Le Peuple, cette fois-ci, ne désertera pas les rues et les lieux du pouvoir. IL les prendra. Le Président élu Maurice Kamto, instruit des échecs populaires de 1990-1992, a compris et fait comprendre qu’il faudra que le Peuple Camerounais, unique et véritable souverain selon l’article 2 de l’actuelle Constitution, aille prendre le pouvoir des mains de ceux qui, une fois de plus et de trop, veulent encore le voler et spolier pour plusieurs décennies.

Du coup, l’histoire du Cameroun répondra dans les prochains jours à la question centrale : le Peuple camerounais se laissera-t-il voler une fois de plus sa souveraineté par le clan qui vaincra tous les autres dans la bataille successorale en cours au sein du régime Biya ? Autrement encore : le Peuple Camerounais aura-t-il suffisamment confiance en lui-même cette fois-ci pour surprendre la France, tous les clans du régime Biya et le monde entier par sa volonté farouche et irréversible d’autodétermination ? Les Services de Communication de la Résistance Camerounaise (SRA) travaillent avec sérieux et détermination pour une réponse affirmative et monumentale à cette question fondamentale qui constitue en fait le problème national camerounais. Dans chaque ville, dans chaque campagne, dans la diaspora, le Peuple Camerounais doit être prêt. Et il devra agir sans faiblir. Le salut de cette nation en péril est à ce prix.

 
Source: mediapart.fr
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